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En savoir plus :
A
. Azema et B. Mille, « Étude expérimentale des techniques de soudage par fusion de la grande statuaire antique en bronze », Soudage et techniques connexes, mars-avril 2010.

Naissance de l'industrie de l'oxygène, de l'acétylène dissous ou non, ainsi que de la naissance du chalumeau oxyacétylènique.

Pendant toute une période particulièrement féconde pour le démarrage du soudage moderne, la
Société Technique de l'Acétylène (STA) n'était pas restée inactive. Loin s'en faut.
Si la préparation de l'illumination des berges de la Seine durant "l'expo de 1900" avait accaparé une grande partie de son activité, il fut un autre point important dans ses préoccupations, celui de la sécurité des installations. Dès la fondation de la Société, en 1896, sa première séance avait été  consacrée en grande partie au problème de la classification par l'Administration des Mines, des usines produisant de l'acétylène et en particulier celles fabricant de l'acétylène liquéfié sous pression.
ll faut se rappeler que l'une des raisons fondamentales pour la création de la
STA
. était la défense de l'Acétylène en tant que gaz industriel. Ce dernier avait, en effet, été très attaqué après les deux accidents mortels provoqués par l'éclatement de bouteilles d' acétylène liquéfié, à Paris et à Lyon.
Les Pouvoirs publics ne pouvaient rester insensibles à ces accidents et envisageaient de classer l'acétylène liquide en 1
ère classe et les générateurs en 3ème classe. Ces nouvelles dispositions ne recueillaient pas l'approbation de la STA
, ni d'autres syndicats régionaux, on s'en doute! Les "Acétylénistes" redoutaient que ces règles aient pour but d'écraser la nouvelle industrie avant qu'elle soit née.
Est-ce à dire que la
STA
ne se souciait pas de la sécurité des installations. Que nenni.
Au contraire, déjà en octobre 1899, un membre de la Société avait, au cours d'une réunion, attiré l'attention de ses collègues sur la nécessité d'un contrôle des appareils à acétylène.
De son côté R. PIERRE, dans les numéros 58 (
13 mai 1901
), 59 (10 juin 1901) et 60 (25 juin 1901) de l'Acétylèniste (du Midi), traite de la "Réglementation de l'Acétylène". Il s'agit d'une analyse exhaustive des réglementations existant dans les pays industrialisés. Et l'auteur souligne que les spécialistes appellent de leurs voeux des prescriptions claires concernant les appareils eux-mêmes, celles en vigueur à l'époque ne se rapportant qu'aux installations.
Cette publication résultait, selon toute vraisemblance, de la présentation faite par l'auteur d'une "Analyse des Réglementations Étrangères", au cours d'une réunion de la Chambre Syndicale de l'Acétylène. Il faut dire que depuis son apparition en 1896, l'industrie de l'acétylène avait aiguisé l'imagination des inventeurs de tout poil. Au début de 1900, on recensait pas moins de 4000 brevets délivrés, concernant le matériel de production et les équipements d'utilisation. Une moyenne de 800 par an, soit plus de deux par jour, dimanches et jours fériés compris. Qui dit mieux?
Cette prolifération d'inventions plus ou moins farfelues a amené sur le marché des engins peu fiables et responsables d'accidents, lesquels nuisaient grandement à la diffusion du nouveau gaz. Ce n'est donc pas sans raison que R. PIERRE, parlant au nom des "Acétylènistes" se plaint "
du manque de sélection
des appareils et de la tendance qu'a le public à acheter la camelote bon marché que lui fournissent certains fabricants de casseroles". Et, soucieux d'être bien entendu, il ajoute "Le particulier n'a pas assez compris les inconvénients qu'il y a d'employer un appareil mal conçu et mal construit".
C'est pourquoi les "Acétylènistes", tant à Paris qu'en province, ont toujours milité, quelquefois avec force, afin qu'un dispositif soit mis en place pour éviter de voir proposer aux utilisateurs des engins dangereux. La STA, dans une séance de juin 1898, a même envisagé la création d'un système du type APAVE, à l'intention des usagers de l'acétylène. Cette idée, laissée de côté provisoirement, sera reprise au Congrès de Paris en 1900 et appliquée en 1905.
Il faudra attendre beaucoup plus longtemps pour qu'une réglementation propre aux générateurs d'acétylène voit le jour. En effet, ce n'est qu'en 1943, pendant l'Occupation, soit 42 ans après le papier de R. PIERRE, que les spécialistes de l'O
ffice Central de l'Acétylène/Institut de Soudure, les "Acétylènistes"de l'époque, rédigeront à la demande du "Service des Mines" du Ministère de l'Industrie un texte qui deviendra l'Arrêté de 1943 sur lesdits générateurs.
Cet Arrêté est toujours en vigueur. Il prévoit notamment l'agrément des appareils, selon des procédures parfaitement précisées. Il aura évité bien des dégâts, en empêchant l'arrivée sur le marché d'engins plus innovants les uns que les autres, mais d'autant plus dangereux pour l'utilisateur.
Le plus étonnant aura été celui décrit dans un magazine de bricolage. Il était constitué d'une sorte de bouteille, dans laquelle on introduisait séparément une charge de carbure de calcium et de l'eau. Il suffisait de retourner l'appareil pour obtenir de l'acétylène sous "pression". Astucieux, non!!! Sans doute, mais en réalité une véritable bombe.
Inutile de dire que le journal a été prié de prévenir ses lecteurs de ne pas fabriquer un tel engin qui, on s'en doute, n'a jamais reçu d'agrément.
C'est donc avec raison que les membres de la STA et les Syndicats, s'intéressaient d'aussi près aux problèmes de sécurité de leur époque.
Ainsi, en 1898, la STA envisage de publier une brochure sur les moyens à mettre en oeuvre pour éviter les accidents.
D'autre part, des abaques sur les pertes de charge dans les canalisations sont établis et diffusés. Cependant, les choses évolues rapidement. Des membres de la
STA jugent que celle-ci est "trop scientifique" et pas assez axée sur la défense de la profession. Il est alors question de transformer la Société en Syndicat Technique de l'Acétylène par un simple changement des statuts.
C'est chose faite dans le courant de 1899. Tout le monde peut s'inscrire au Syndicat, dont les adhérents élisent une Chambre Syndicale de 15 membres, chargée de l'administration.

Marcel Evrard